Larry Clark signe ici son 7ème long métrage. Pour la première fois, le réalisateur s’expatrie à Paris. Nouveaux décors, nouvelle atmosphère, mêmes thématiques.

Cinéma, the smell of us

Pour ce nouvel opus, Larry Clark nous fait voir la jeunesse parisienne. Une jeunesse perdue, droguée, détruite. Comme à son habitude, l’histoire n’est qu’anecdotique. Le sujet du film reste l’étude, presque ethnographique, de ces gamins vulnérables. Pour la première fois aussi, le réalisateur apparait à l’écran sous les traits d’un clochard qui se raccroche à la bande d’adolescents. Cette présence serait-elle le miroir de ces futurs adultes : trop abîmés pour vivre dignement ?

La caméra de Larry Clark filme les corps de manière brûlante. La peau moite, les poils qui se hérissent et la sueur. Ce qui frappe c’est la saleté, la souillure mais surtout l’intensité. Beaucoup de scènes de sexe, certaines sont insoutenables. Il y a violence. Il est, ici, rarement question de plaisir. Le réalisateur semble porter ses propres vices à l’écran.

La deuxième particularité du film réside dans sa manière d’être filmé. La musique y est omniprésente. Le réalisateur incorpore de très beaux plans enregistrés au caméscope (ou téléphone portable). Cela donne une épaisseur au film et permet de créer des moments de beau parmi les moments de crasse. Ces images sont des coupures, comme de rares bouffées d’oxygène.

Cependant, le film rencontre quelques difficultés. En tournant à Paris, on sent que le réalisateur est moins proche de ses sujets. Il porte un regard plus distant. Le film parait alors éloigné de la réalité, comme fantasmé.
Ce long métrage reste pourtant une expérience. Le malaise est présent à chaque instant. Le spectateur est en apnée. Ce film ne se regarde pas, il se vit.
Allez voir The Smell Of Us si vous voulez être dérangés, secoués, voir agressés… Assurément l’un des films les plus perturbants de ce début d’année.