Primavera Sound. Certains ont pu le décrire comme le Coachella du vieux continent. Il est, pour sûr, l’un des festivals les plus prestigieux et attrayants d’Europe. Sept scènes (sans compter les scènes cachées) réparties sur un ancien site dédié aux JO, le Parc Del Forum, au nord de Barcelone. Pas moins d’une centaine de milliers de festivaliers s’y sont retrouvés, du 29 au 31 mai 2014, attirés par une programmation aussi dingue qu’éclectique. Alors, pour tous ceux qui n’ont pas pu s’y rendre, Touch of Grand est allé y faire un tour et vous explique pourquoi vous devez prendre vos billets pour l’édition 2015.

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Sur le papier, le festival commence le 29 mai. Mais pourquoi faire tarder les festivités alors que tout le monde trépigne déjà d’impatience ? Le Parc Del Forum ouvre donc (gratuitement) ses portes le mercredi 28. A 17h ; une foule se brasse aux abords de la scène ATP, malgré le ciel menaçant. Les madrilènes de Fira Fem ouvrent le bal, suivi de El Mato Motorizado. Le déluge se déclenche pendant le concert de nos chouchous, les Temples. Coincées sous une bâche à l’écart de la scène pour éviter de nous noyer sous les trombes d’eau, nous avons été obligées de tendre l’oreille pour entendre quelque chose. Vers 19h, le temps se déchaine et force les organisateurs à arrêter les concerts pour des raisons de sécurité (et de public). Mais miracle, l’inondation n’a pas lieu et le ciel fini par se découvrir. C’est à Stromae que revient la difficile tâche de remotiver les troupes, ce qu’il réussit avec brillo, grâce à sa présence, ses pas de danse et sa joie de vivre communicative. Il est d’ailleurs accueilli par son fan club et leurs drapeaux belges, venu exclusivement pour l’occasion. Puis, vient le tour de Sky Ferreiraqui, malgré quelques problèmes techniques, a plutôt bien enchainé. C’est ensuite Holy Ghost! et leur pop vintage qui a clôturé cette soirée d’ouverture sous une petite bruine.

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Voilà, c’est officiel, le festival débute et les 7 scènes sont prêtes à  accueillir les quelques 74 groupes qui joueront ce 29 mai. Arrivées à 17h30, on se pose sur les marches face à la scène Ray ban et c’est là qu’on découvre El petit de Cal Eril et sa folk onirique. Puis on décide de partir explorer les lieux et de trouver un coin d’herbe au soleil pour déguster notre première pinte (Heineken sponsor officiel). On passe devant la scène ATP ou les Chiliens de Follakzoid et l’ambiance absolument géniale posée par leur rock cosmique nous force à rester. Puis rendez vous à l’autre bout du Parc, la scène Heineken (quand on parle du loup), pour le concert de Real Estate et leur pop-folk épousant le soleil déclinant. On reste dans la même ambiance avec Midlake et leur indie rock, à quelques pas, sur la scène Sony. Une fois terminé, direction la scène Pitchfork à un bonne quinzaine de minutes de marche de là pour Majical Clouds et leurs mélodies façonnées simplement d’un synthé et de la voix (un peut trop) planante de Matthew Otto. A Primavera, autant vous dire qu’il faut de la volonté lorsque les artistes qu’on veut voir sont dispersés aux quatre coins des lieux. Après un passage au stand hot-dog, retour à la scène ATP pour Neutral Milk Hotel. On s’attendait à un show à la hauteur de leurs morceaux, on est restées quelque peu sur notre faim. Mais pas de temps pour la déception puisqu’arrive le concert de CHVRCHES sur la scène Pitchfork. A peine sur place, qu’on doit déjà filer du coté de la scène Sony pour la première tête d’affiche. Les tant attendus Arcade Fire s’emparent de Primavera et nous refilent leur énergie solaire, bien utile après 5h à courir dans tous les sens. Un détour par le poste de secours  (on ne fait pas d’omelette sans casser quelques œufs), on se console d’avoir raté Moderat en appréciant le show des deux anglais de Disclosure. Puis, retour vers la scène Ray Ban pour la deuxième tête d’affiche du festival, Metronomy. Bien que très sympathique et empreint d’un flegme britannique toujours aussi charmant, ils étaient loin d’égaler ce qui allait suivre, j’ai nommé Jamie XX. Son passé en tant que membre des XX nous a induit en erreur sur son capital sympathie. C’est d

onc dubitatives qu’on a attendu sur les marches de la scène Ray Ban. 4h30 : ça commence. 5h30 : l’apothéose, l’aube colore l’océan juste derrière la scène et le soleil se hisse au son de Far Nearer. Après deux heures de sport et de concert, on rentre des papillons plein le ventre. Vivement demain.Primavera2

Jour 2 

Arrivées vers 18h au Parc del Forum, après avoir bu 3 cafés pour tenir le coup, on se donne rendez-vous du coté de la scène Sony pour découvrir Slowdive. Avec de belles mélodies, dans un registre plutôt dream pop, le groupe anglais fort de sa longue carrière a réussi une belle performance en gagnant deux nouvelles fans, well done! Bravo aussi pour le super show de HAIM, un groupe de trois jeunes sœurs françaises qui ont fait une prestation à couper le souffle. La force de leurs voix, leur présence sur scène et l’énergie qu’elles dégageaient étaient exceptionnelle, belle découverte ! Après ça, direction Pitchfork pour The War on Drugs, moment plutôt sympathique. On enchaine ensuite les déception entre SBTRKTet Factory Floor mais Jagwar Ma finit par nous ravir. Les australiens sont à la hauteur de ce qu’on pouvait attendre d’eux et de leur génial Howlin malgré un problème de son. Notre dernier concert, et pas des moindres, a lieu sur la scène Ray Ban avec le fameux Laurent Garnier, représentant ancestral de la frenchtouch. A l’opposé de ce que nous avions pu voir, il y a un mois de cela, au Carmen à Paris, il a enchainé ses morceaux avec justesse. Sa musique électro s’accordait parfaitement avec l’ambiance du festival.

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La journée commence doucement mais sûrement avec Television! Ce groupe de rock new-yorkais avait avec lui un public fidèle, rendant le concert encore plus attrayant en ce dernier jour de festival. La nostalgie nous envahit déjà. On se ressaisi avec Earl Sweatshirt et son DJ survitaminé. Blood Orange se révèle quant à lui un peu fade. La nuit arrive, l’ambiance se réchauffe avec deux groupes, Helen Love aves des airs de J-pop mélés à du pop-rock et le groupe Ty Segall , mélange entre rock et underground parfaitement dosé, même si le live n’avait pas grand chose a voir avec ce qu’on pouvait connaître d’eux. Après 2 heures de danse intensives lors de ces deux concerts, direction l’autre bout du Parc pour Kendrick Lamar puis place à Foals. Pour tout vous dire, on s’attendait à mieux. Arrivés en retard et pas très communicatifs, on s’est pas fait prier pour les quitter et rejoindre lesBlack Lips (nos autres chouchous) qui nous attendaient à 3h sur la Pitchfork. Fêtant ses 15 ans d’existence cette année, le groupe américain état excellent sur scène et pouvait compter sur l’ambiance de dingue dans le public malgré le stage diving raté de Brooks Nielsen qui squattait les coulisses (désolée mec !). Pour finir ces 3 jours en beauté, on retrouve DJ Coco à la scène Ray Ban. Coco a mis le feu au Parc Del Forum jusqu’à l’aube, clôturant le festival en beauté.

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L’heure est au départ. Muchas Gracias Primavera ! Partir pour un weekend comme celui-ci après un mois de partiels, ça aurait pas pu être mieux. On se voit l’année prochaine pour l’Optimus Primavera à Porto !

 Inès de Capèle & Salem

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