Je me suis creusée la tête pendant quasiment toute la durée de l’interview pour me rappeler où est-ce que j’avais vu le nom de BigAddict autre que sur une publication liée à l’Espace Cobalt. C’est en faisant le brouillon de cet article que je me suis rappelée : le logo de City Of Talents. Mais autre que le logo de l’agence artistique, BigAddict c’est aussi le vidéaste derrière les vidéos Endless Obsession et Panic Room, que vous avez forcément vue si vous suivez le boulot de Tilt.

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Benjamin Roudet: graphiste, vidéastes, photographe, ancien beatmaker et graffeur à ses heures perdues; une vraie multi-casquette dont les activités restent toujours axées sur l’image. C’est après avoir commencé le graffiti il y a 20ans qu’il a décidé de passer de l’autre côté de la caméra: « j’ai préféré passer derrière, pas trop me mettre en avant, et plutôt faire ressortir ceux qui ont vraiment le talent pour ça ». Issu d’une famille plutôt artistique (une mère prof d’art-plastique, un père photograveur/photographe/graphiste et un frère tatoueur) c’est en commençant à faire des logos pour des potes que les agences se sont intéressées à son travail. Si il a toujours été dans le milieu, c’est en faisant les vidéos de Tilt que BigAddict commence à se faire un nom, très vite ce sont des propositions pour faire des festivals, et des opportunités qui se présentent. Quand on lui demande si durer est difficile dans le graphisme, il nous répond que dans tous les cas le graphisme sera toujours là, contrairement aux street-art dont les artistes auront plus de mal à se « recycler » une fois que la mode sera passée. On en vient à parler de la relève et des nouveaux graphistes à l’heure où beaucoup s’essayent au métier: « y’a toujours meilleur que toi c’est sûr, ils arrivent ils sont frais, toi pour les idées tu galères un peu plus (…) je le sens pas comme de la concurrence, y’en a pour tout le monde. »

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Parce qu’on est curieux, et qu’on était aussi là pour ça, on a demandé comment c’était de bosser aux ateliers du 50cinq, réponse directe : « j’arrive plus à bosser quoi » (réponse que nous avait aussi donné Tilt lorsqu’on lui avait posé la question). Plus sérieusement, ayant passé quelques heures aux ateliers on comprends la notion de « bonnes vibes » dont nous parle Ben. Membre du « noyaux dur » à la création des ateliers où chacun se connait depuis quelques années, on en apprend un peu plus sur le fonctionnement du lieu. Pas de concurrence entre les créatifs, chacun représentant un pôle différent : graphisme, vidéo.. C’est avec un système de vote que les nouveaux arrivants peuvent louer un box, ainsi à chacun sa spécialité tout en préservant le dynamisme et l’ambiance du lieu où tout créatif présent y apporte une valeur ajoutée. Pour autant il n’y a pas la volonté de créer une unité, tout le monde a son boulot, ses clients, ses projets à réaliser bien qu’il puisse arriver qu’ils travaillent sur des projets communs (comme Mister Freeze ou encore l’Open Summer Jam où Big Addict a collaboré avec Fred Nicolau pour l’affiche) : « mais on essaie pas de créer une force identitaire au sein de Toulouse pour dire ‘on est les meilleurs’, non. »

 

On remercie Ben de nous avoir accordé son temps, et rdv au prochain épisode où Nastasia vous parlera de Fred Nicolau aka Tradition Moderne!

 

http://cargocollective.com/bigaddict

encore merci à Lulah Da Curly derrière l’objectif!