Capture d’écran 2015-08-13 à 20.08.58

Vous avez sûrement vu cette affiche orange fluo ornée d’un « Street-Art » à la typo noire dans les rues de Toulouse. Ayant vaguement entendu parlé d’un vernissage sur instagram par le biais de blogueuses mode, nous avons décidé d’aller faire un tour à cette exposition il y a quelques semaines. Décryptage à 4 mains par Charlotte & Palms Biches.

Capture d’écran 2015-08-13 à 20.08.22

Palms Biches :

Quand l’Espace Bazacle annonce une expo Street-Art, je suis d’abord partagée. Je redoute tout d’abord une exposition surfant sur la vague fashion médiatique du street-art, souvent confondue à tord avec le graffiti. Puis je me dis que découvrir « de nouveaux talents émergeant » comme nous promet l’expo ne peut pas être si décevant. C’est donc avec beaucoup d’appréhension que j’y accompagne Charlotte.

Dois-je rappeler que Toulouse est une ville extrêmement riche d’artistes? Dois-je rappeler la place du graffiti sur nos murs roses depuis des décennies? Ou dois-je simplement rappeler la définition du street-art et celle du graffiti?

Nous allons donc faire cela, pour éclaircir la confusion entre ces deux pratiques une bonne fois pour toute :

– le graffiti est l’action d’écrire sur un mur ou sur tout objet composant l’espace urbain (les poubelles, les lampadaires..)

– le street-art est un mouvement artistique contemporain où l’artiste utilise la rue pour composer son œuvre

C’est ainsi que je me vois étonnement surprise de lire dès l’entrée de l’exposition que le « prix du graffiti 2014 » récompense des street-artistes. Cette exposition m’a avant tout fait réfléchir à la place du graffiti dans les mœurs collectives. Faut-il accoler cette pratique (dont l’essence même est le vandalisme) à un mouvement plus noble qui véhicule par sa typologie une volonté artistique ? L’art est-il alors plus noble qu’une pratique urbaine spontanée ?

Mais si cette exposition n’est pas là pour répondre à ces questions, elle reste confuse quant au message à transmettre.

A l’intérieur, des tableaux, des sculptures, des installations en « mapping 3D » dont on cherche la street cred. On cherche également de l’œil les noms plus ou moins connus de la scène toulousaine dont la présence dans cette expo semblait évidente: je n’en verrais malheureusement aucun. Je ne retiendrais personnellement que 5 œuvres tenant plus au graff qu’au street-art dont « Dawn » photographie d’un graffiti réalisé en light painting. Respect aussi à l’auteur des graffitis « Vandal » posés de ça et là dans la salle, qui rappelle que le graff n’est pas prêt de s’embourgeoiser.

Capture d’écran 2015-08-13 à 20.11.05

Charlotte :

Exposer du street art dans un musée. Voilà le challenge qu’à tenté de relever l’espace Bazacle -EDF cet été avec son exposition : Street Art – L’énergie de la rue. Le street art est un art qui ne s’expose, à priori, pas – car fondamentalement né avec la rue, dans la rue et pour la rue. Nous vous proposons un petit décryptage de cette expo audacieuse.

C’est pleines d’engouement et de curiosité que nous commençons l’exposition.
Je remarque vite que la plus part des œuvres représentent la rue, ou s’en inspirent et restent des travaux crées pour être exposés. Nous sommes en présence de toiles, de photographies, d’installations lumineuses…autrement dit, pas toujours des supports que l’on trouve dans la rue, donc pas réellement du street art, mais plutôt des œuvres inspirées du street art. Ma deuxième déception arrive dans la seconde partie de l’exposition où certains travaux ne sont pas toujours en adéquation avec le reste.

Quelques oeuvres retiennent cependant mon attention. Elles semblent extraites de la rue, crées pour des passants et non pour des visiteurs de musées. Nous pouvons trouver dans cette catégorie là des artistes comme Louis Bottero, Jo Di Bona ou EZK.
Autre point positif, des tags se sont glissés dans l’exposition. Est ce commandé par le Bazacle ? Je n’en suis pas sure si bien que les quelques inscriptions sont cachées et vandalisent le mobilier de présentation. Bravo et merci à l’artiste qui s’est invité à l’exposition et a permis de la rendre plus vivante !

De mon point de vue, cette exposition se veut définitivement grand public, ludique et divertissante. Elle ne parlera peut être pas aux passionnés d’arts urbains. Mais elle permettra de faire passer un bon moment à tout ceux qui s’intéressent au street art de près ou de loin.

Capture d’écran 2015-08-13 à 20.07.59

 « Street-art l’énergie dans la ville » jusqu’au 30 Août  2015 @ l’Espace EDF Bazacle