A la rédaction, nous nous intéressons quasi tous au graff. Nous faisons pourtant partie d’une génération qui n’a que très peu (ou pas du tout) connu le Toulouse tagué de Esquirol à Arnaud B. On avait déjà parlé de l’historique de Toulouse dans la scène du graffiti avec Tilt il y a quelques temps et il nous avait évoqué brièvement sa période Truskool; on vous invite à relire son portrait qui nous en avait déjà appris beaucoup.

crédit photo: Guillaume Bousquet
crédit photo: Guillaume Bousquet

On va pas se mentir, quand on a eut le livre de Olivier Gal entre les mains, on s’est vraiment, vraiment sentis jeunes. Cet ouvrage, fruit de longues recherches documentaires et d’entretiens avec les différents membres de la Truskool (2pon, Soun, Tilt, Der, Miss Van, Mademoiselle Kat..) témoigne de tout ce qu’on a raté quand on était pas encore nés, ou beaucoup trop jeunes pour capter ce qu’il se passait.

L’histoire de la Truskool s’adresse à tous, aux passionnés, aux profanes, et à ceux qui ont toujours trouvé que « franchement le graffiti c’est inadmissible ».  Il nous apprend comment à la fin des années 80 une bande d’ado a voulu faire quelque chose de différent, de quasi inédit sur les murs de leur ville, guidés par les premiers recueils de photos du graff new-yorkais. Plus qu’un simple bouquin, à travers les pages c’est une vision nouvelle du graffiti que l’on découvre, au temps où on peignait à la bombe achetée/empruntée/subtilisée chez Bricomarché. Une vision que notre génération qui a toujours grandi avec des flop sur les murs n’a pas pu connaitre. On prend du recul face à un mouvement artistique maintenant ancré dans la culture, à l’heure où la mairie de Toulouse co-organise un festival comme Rose Béton. On prend conscience des difficultés de l’époque, notamment par l’absence de matériel spécialisé que l’on trouve aujourd’hui, mais aussi des facilités comme celles de peindre tranquille dans la rue en plein jour. Ce livre permet aussi de redéfinir la limite entre street-art et graffiti, limite bien trop floutée par les différents médias et comptes instagram obscurs surfant sur la vague hype du mouvement (vous le savez, c’est un peu notre combat chez TOG).

On ne vous parlera pas en détail de l’histoire de la Truskool dans cet article, Olivier Gal le fait bien mieux que nous. Mais on vous invite sincèrement à vous procurer ce bel objet qui se dévore vite tant il est fluide et truffé d’anecdotes et photos collectors (dont certaines n’avaient jusqu’ici jamais été développées).

Truskool

Truskool. Une histoire de Graffiti à Toulouse (Editions Atlantica), disponible en libraire. A retrouver dans nos concepts stores préférés (Coexist, Bobine..) et chez Gibert Joseph 3 rue du taur.