Keiko1 Jeune, entreprenante, pleine de fraicheur et bourrée de talent, je vous présente Keiko Nishiyama. Diplomée il y a 2 ans du fashion college of London, cette japonaise de 22 en est déjà à sa troisième collection et signalons au passage que sa première collection qui fut celle de sa remise de diplôme, était présentée la même année à la Fashion Week de Londres, rien que ça!

Ce week-end, elle exposait sa collection au showroom Fashion scout de Paris, l’occasion pour nous d’en apprendre un peu plus et de découvrir ce qu’elle a imaginé pour l’hiver 2015.

Ses créations poétiques et lyriques nous transportent en Asie d’où elle tire une grande inspiration. Elle dit d’ailleurs qu’à travers son travail, elle veut permettre aux femmes qui portent ses vêtements de rentrer dans son « cabinet de curiosité ». Pour ceux et celles qui ne connaitraient pas ce terme, les cabinets de curiosité sont nés au XVIII alors que les explorateurs découvraient le reste du monde et toutes ses richesses. Les nobles qui avaient l’occasion de voyager se sont alors mis à collectionner une multitude d’objets rares ou étranges en provenance du nouveau monde : coraux, épices, animaux empaillés, objets d’art indien… Le cabinet des curiosités s’apparente à un résumé du monde où prennent place des objets de la terre, des mers et des airs, à côté des productions de l’homme.

Keiko a donc crée son propre cabinet de curiosité, réapprovisionné et enrichi en permanence, où cohabitent des éléments issus de l’Europe et du Japon, à l’image de son travail.

Chaque collection à un thème bien précis. La collection pringtemps/été 2015 s’intitulait « Aquarium ». Ce sont donc nos amis marins, poissons et coraux, qui se sont invités sur les silhouettes fluides et gracieuses.

k2Pour la collection automne/hiver 2015, Keiko a souhaité recréer une volière. C’est d’ailleurs le nom de la collection. Des oiseaux de toutes sortes, sortis tout droit de son imaginaire, ornent les robes, les pantalons, les cols des chemises et des manteaux. `

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Tout en étant similaires, les imprimés de la collection sont différents. Il faut en moyenne 1 mois pour créer un nouveau motif. Les oiseaux imaginés par Keiko sont des oiseaux hybrides : tête de cygne et queue de perroquet ou encore tête de coq et grandes ailes bleues… Comment se crée un nouveau motif : on coupe, on colle, on mixe, on photographie, on retravaille les couleurs sur photoshop si il faut puis on lance l’impression.

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Lorsqu’elle créer ses imprimés, Keiko veut créer une illusion, une nouvelle perspective et emporter le regard au delà de la simple coupe du vêtement. Cet effet d’illusion, elle cherche également à le renforcer en mixant les matières.

Keiko nous a confié que cette collection était inspirée également de la chasse. On retrouve donc des éléments empruntés aux vêtements de chasse anglaise mais aussi ceux des tribus japonaises : le design des poches et le tweed notamment.

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Un attachement au fait-main et le sens du détail :

Keiko est très attachée à son pays. Grâce à son travail, elle soutient l’artisanat local puisqu’elle fait appel à une compagnie japonaise pour l’impression digitale de ses tissus. Tout est fait-main avec une attention très forte portée sur le moindre détail : les broderies sont faites-main, les boutons, dessinés et crées par une amie de Keiko, également. Les vêtements sont ensuite assemblés par Keiko dans son atelier à Londres.

Keko7Capture d’écran 2015-04-04 à 12.36.47Keiko m’a confié qu’elle admettait volontiers qu’on puisse trouver ses créations bizarres puisque pour elle beauté et bizarre sont liés. « I don’t want to create something real, but something bizarre in order to create the beauty. Beauty is not perfection. I think that a women is beautiful if she has something singular, noticeable which make her different ». Par bizarre, je crois qu’elle entend quelque chose qui présente une différence avec le conventionnel et qui par conséquent attire l’attention. D’ailleurs, si on s’intéresse un peu à cette perception, on se rend compte que c’est ce qui définit l’art moderne aujourd’hui. Vous me direz qu’il s’agit de vêtements, mais je vous répond que toutes création est une forme d’art et que souvent la frontière entre mode et art est floue (en témoigne les derniers défiles tel que celui de Jean Paul Gauthier).

Keiko nous invite avec douceur dans son univers, un univers très personnel où le vêtement a une dimension à la foi physique et mentale.

Alors certaines ne s’identifieront peut-être pas à la femme représentée par Keiko, mais personne ne peut rester indifférent à son travail à la fois touchant et mystérieux. On lui souhaite en tout cas de réussir car elle a prouvé qu’elle a sa place dans le rang des talents à suivre !

 

Mes 2 coups de cœur de la collection :

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