hungry hearts

Hungry hearts c‘est une histoire d’apparence banale. Deux trentenaires se rencontrent. Une rencontre pourtant improbable et magnifiquement drôle (ne soyez pas en retard, cette scène ouvre le film !). De là éclot une histoire d’amour intense. De cette dernière nait un enfant. Mais après la naissance de celui-ci, plus rien ne sera comme avant… Mina voudra à tout prix protéger son bébé du monde extérieur. Jude, voyant sa femme perdre petit à petit toute notion de réalité, va tenter de sauver, à la fois son couple, et son enfant. Mais ce ne sera pas chose facile…

Le film se découpe en deux parties. La première, lumineuse, est un tourbillon de joie où s’épanoui l’amour des deux protagonistes. Le réalisateur construit une atmosphère heureuse et rassurante, que l’on ne voudrait plus quitter.La deuxième partie est annoncée par l’arrivée du bébé. Le comportement de Mina, ses convictions et son discours se radicalisent de plus en plus. La jeune femme, lentement, s’enfonce dans une folie dont elle n’est pas consciente. Le réalisateur change alors progressivement de ton. On entre pas à pas dans un thriller palpitant. L’atmosphère s’assombrit.

La réussite du film tient principalement à la performance de ses deux acteurs. Primés pour la meilleure interprétation masculine (Adam Driver/Jude) et féminine (Alba Rohrwacher/Mina) à la Mostra de Venise, chacun fait état d’un jeu impeccable. Mina se révèle impressionnante en mère sombrant dans la déraison et la solitude. Elle rappelle étrangement Jack Nicholson dans Shinning qui bascule, lui aussi, dans la démence de manière imperceptible. Jude, quant à lui, est remarquable en mari essayant de sauver un univers qui s’effrite petit à petit. On croit en leur amour autant qu’en leur déchéance.

C’est un film réaliste dans le bon sens du terme. Et c’est assez rare pour le souligner. Le réalisateur n’en fait jamais trop. Le film est juste. C’est une peinture de la vie dans ce qu’elle a de plus dur, de plus tragique. On s’attache aux personnages, si fort, que l’on aimerait, nous aussi, pouvoir sauver les meubles…

Hungry hearts est une tragédie qui colle à la réalité de l’amour et de la folie. Encore un film italien réussit !