Qu’on se le dise, on adore le cinéma, mais n’est-ce pas devenu un produit de luxe ? Là où internet propose des films et séries (presque) gratuitement, le prix de la place de ciné augmente autant que celui du paquet de cigarettes. Alors, si fumer tue, aller au cinéma nous appauvrit-il ? Non, le cinéma nous enrichi de milles manières ! Donc nous en sommes convaincus : n’arrêtons jamais d’aller au cinéma ! Puisque demain le Printemps du cinéma nous propose des places à 4€, et ce, pendant trois jours, on saute sur l’occasion ! Et mieux vaut ne pas se louper sur le choix du film. On vous propose le film qui nous a le plus marqué en ce début de printemps (si j’ose dire) : Call me by your name de Luca Guadagnino.

A l’heure où les films et séries sont extrêmement bien scénarisés, bien ficelées, bien rythmées, nous avions un peu perdu le goût de la simplicité, de la beauté des images et du parti pris esthétique. Avec Call me by your name, enfin, le cinéma reprend son statut d’œuvre d’art au sens premier et artisanal du terme. Comme un vent d’air frais et de simplicité dans le paysage cinématographique.

 

En effet, dans Call me by your name, pas d’histoires de créatures, pas de scènes d’action palpitantes, pas de suspens interminable. L’histoire est simple et vieille comme le monde : une histoire d’amour entre un étudiant et un jeune homme de 17 ans dans la chaleur de l’été italien, au beau milieu des années 1980. C’est d’ailleurs cela qui frappe d’abord : les couleurs, l’esthétique, la musique : l’Italie dans les 80’s. Elio est issu d’une bonne famille où l’héritage culturel et social sont bien présents. Nous sommes dans un village éloigné. On entend le bruit des cigales, les fenêtres sont toujours ouvertes et il fait bon se déplacer à vélo. Alors si l’histoire est banale, l’esthétique ne l’est pas. Si l’histoire est banale, la manière de la raconter ne l’est pas non plus. Il faut le voir pour le comprendre.

Comme tous nos étés adolescents, celui d’Elio s’étire dans le temps. Le temps prend son temps. L’amour nait. Puis doit partir. Cette ambiance, c’est exactement ce que le réalisateur crée dans ses images : la langueur de l’été, l’ennuie, l’amour et la tristesse des aux revoir. Ce film, c’est les vacances d’Elio mais c’est aussi un peu les nôtres. C’est surtout son premier amour.

Si l’ambiance générale est magnifique, les personnages le sont aussi. Chacun y a sa place et la rempli avec justesse. C’est aussi l’histoire, en toile de fond, d’une famille juive qui accepte l’homosexualité de leur fils avec une tolérance infinie. On aimerait avoir ce père et cette mère. Enfait, on aimerait vivre et revivre cet été avec Elio. En réalité, on aimerait que le film ne s’arrête jamais.

Pour les trois prochains jours, donc, on vous conseille d’aller voir, revoir et re-revoir Call me by your name, d’écouter Sufjan Stevens et de tomber amoureux. Pas mal comme programme, non ?

Call me by your name de Luca Guadagnino. En Salles.

Printemps du cinéma : du 18 au 20 mars, 4€, partout en France.