Jeudi réveil 6h30, non je ne vais pas en cours, je n’ai pas non plus un rendez-vous médical: je vais faire la grue devant H&M. Arrivé à 8h devant le géant suédois, une dizaine de personnes patiente déjà devant nous, si on avait su on serait venues à 7h30. Quand on y réfléchit, on se dit qu’on est bien bêtes de poireauter 2h dans le froid pour dépenser des sous mais là réside la force de H&M: arriver à me faire quitter mon lit avant 8h du matin sans y être obligée. Je vous ai déjà parlé de mon enthousiasme face à la collection d’Alexander Wang pour H&M et aussi de mes craintes face à la masse fake qui prétendra être fan du créateur seulement le temps d’acheter les pièces pouvant se revendre jusqu’au triple de son prix sur Ebay.

L’avantage majeur de la collection Wang c’était surtout de viser les jeunes. Pas de cinquantenaires surexcitées prêtes à dévaliser la collection à l’horizon, ou du moins nous n’aurons eut qu’un seul spécimen de quarantenaire boots Balenciaga aux pieds, qui trouvait que le travail d’Hedi Slimane était très “sporteuhwère’ (fou rire général de ma part et de la part de deux jeunes hommes à proximité) et qui comptait bien revendre quelques pièces shoppées en trop (sûrement pour arrondir ses fins de mois?). Mais un camp out H&M n’est pas réussi sans la personne âgée qui s’arrête et nous demande ce qu’on fait tous à faire la queue dans le froid: c’est au moment de marmonner une réponse que l’on se sent encore plus stupide, moutons de la mode que nous sommes. Heureusement, le staff H&M aux petits soins nous distribue café, bouteilles d’eau et viennoiseries : eux au moins n’oublient pas pourquoi nous sommes là.

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10h: l’heure a sonnée. Le staff nous informe que l’on rentrera par groupe de 10 personnes et que nous aurons 15min pour faire nos achats. Tout y est pour pousser à la consommation inutile: on stresse et on remplit notre panier, leur système de shopping chronométré a le mérite d’être efficace. Le premier groupe rentre et on les déteste un peu plus de passer avant nous, surtout lorsqu’ils se font remettre des sac à dos gratoss. 10h15: nous trépignons, et à peine rentrées dans le corner nous nous jetons sur les pièces préalablement repérées. Nous ne sommes que le deuxième groupe et pourtant les accessoires ont déjà été dévalisés, au grand damn de nombreuses adolescentes quand il se murmure qu’un homme du premier groupe a acheté tous les bonnets d’un coup: stupeur et incompréhension de notre part vu la tête des bonnets. Le rayon homme a été dévalisé toujours par ce même premier groupe qu’on ne finit plus de détester: plus de parka, plus de pull, en somme plus grand chose d’intéressant pour nos comparses masculins qui ressortent quasi bredouilles et bien dégoutés. On retiendra quand même une agréable surprise au niveau des matières, du Made In Italy surtout, et des prix qui restent relativement bas comparés aux précédentes collections de créateurs pour H&M. A noter néanmoins le néoprène en plastique qui menace de vous provoquer une éruption cutanée dès que la matière frôlera votre peau et des pantalons en cuir à la coupe plus qu’improbable vous promettant de ne ressembler à rien (le concept du minimalisme poussé à l’extrême).

A la caisse, une connaissance m’informe que cette fois le magasin toulousain a préféré ne pas prendre de risque en commandant un nombre réduit de pièces: on se souvient de l’échec Margiela dans notre ville rose, ou du cuisant fail Marni au niveau national. Donc peu de risque de devoir brader les pièces restantes aux prochaines soldes et tant pis pour les retardataires qui ne se seront pas levés.

Pour finir, je vous invite à regarde l’hilarante vidéo réalisée par Mademoizelle.com devant le H&M des Champs-Élysées: personnellement je ne me serai pas faite avoir.