Berlin, 20 aout 2014 : Cela fait trois jours que je suis à Berlin et que je bûche mon entrée au Berghain. Comment s’habiller ? Comment se comporter ?  Chanter ? Danser ? Parler au videur ? Bref, je tente au mieux de comprendre le processus pour pouvoir y rentrer.

Qu’est-ce que le Berghain ?  C’est THE nightclub de Berlin, de l’Allemagne et même de l’Europe. Impossible d’agrémenter cet article avec des photos, il est interdit d’en prendre à l’intérieur et de toutes les façons on n’est pas rentré. Le Berghain est  connu pour être un lieu de rencontre des meilleurs djs d’Europe mais aussi pour être un endroit complètement atypique et déluré. Apparemment la mentalité tourne autour de 2 mots : sexe et drogue. La légende de la boite s’est faite grâce à une sélection impitoyable des videurs qui sont eux-mêmes devenus des vedettes. Environ une personne sur dix y entre, personne ne connait les vrais critères, j’ai tenté de les décrypter, en vain.

Tentative n°1 : Nous sommes deux, joyeux, nonchalants, on y croit. Il est 6h du matin, pas de queue, je pense naïvement que c’est bon signe. J’ai le malheur de parler français dans la queue, ERREUR surtout il faut faire semblant d’être allemand ou tout du moins ne pas faire touriste. A peine ai-je eu le temps de me rendre compte de mon erreur que les videurs me montrent la sortie. Oups. Là ça rigole vraiment pas.

Tentative n° 2 : On est toujours deux, mais cette fois il y a du monde, par chance une Italienne devant nous vient de se faire recaler. Elle hurle, crie colère tout ça parce qu’ elle n’a pas pu rentrer dans the place to be in Berlin. Elle insulte les videurs, tape du pied, se roule par terre : du pain béni pour nous qui sommes juste derrière. Les videurs lisent la flamme de l’espoir dans nos yeux et nous montrent la sortie. On va faire une pause, prendre une bière et préparer une autre stratégie.

Tentative n°x : Toujours deux, fatigués par ces refus que l’on n’ose même plus compter, on s’assoit et on regarde faire ces hommes au pouvoir exceptionnel. On dirait un peu des supermans, on est perdus entre sentiment de compassion ou de haine envers ces gens qui ne veulent décidément pas que l’on passe une bonne soirée. Nous les observons en essayant de comprendre ce qu’ils pensent. Impassibles, ils regardent à peine les personnes, toi c’est Ja, toi c’est Nein.  Puis, l’ensemble de notre analyse se tourne désormais vers les personnes qui sortent de la boite. Il y a de tout, des filles en shorts maquillées sur tout le visage de paillettes dorés qui ont l’ai complètement délurées mais aussi un couple, on ne peut plus classique : jean et débardeur pour la fille et chemise bleu pantalon noir pour lui, c’est à ne rien y comprendre. Seule certitude :  être habillé de la tête aux pieds en Carhartt vous entraine directement vers la sortie. Bon, on y retourne … On se tient droit on prend l’air concernés par ce qui nous arrive tout en feignant d’être complètement défoncés …Nein c’est nein !  Mais au moins on a obtenu un sourire… SUPER

Conclusion : Pas de vrai physio, de critères si ce n’est qu’il faut pas avoir l’air d’étrangers (les français taisez-vous dans la queue) et les drogués ont une probabilité de passer bien supérieure à nous les bourrés.