Qu’on se le dise, s’il y a une exposition de sculpture à aller voir cet Automne à Paris, c’est bien celle-ci. WHAOUH.

C’est assez cliché, mais pourtant vrai, les expositions temporaires consacrées à des artistes du 19ème ou 20ème siècle, ce n’est pas ce qui passionne le plus aujourd’hui, face à un art contemporain, toujours plus mouvementé et apprécié ; celle-ci fait donc presque figure d’exception.

En effet, la scénographie est digne d’un véritable spectacle, on en prend littéralement plein la vue. L’exposition est pensée de manière à ce que le spectateur découvre acte par acte une nouvelle facette du rapport de l’artiste et de l’antiquité ; car oui, si l’on doit synthétiser le travail de Bourdelle, ne serait-il pas plus aisé de dire que celui-ci crée une nouvelle modernité en puisant comme certains de ses prédécesseurs dans un registre antiquisant. Ce parcours se veut donc alors miroir des recherches, copies, et appropriation d’un des plus vieux et pourtant indémodable registre artistique, l’Antiquité.

Ainsi, il n’est pas rare de croiser les premières sanguines (La sanguine trouve son utilisation naturelle dans la production de croquis, de modèles vivants et de scènes rustiques. Elle est idéale pour le rendu des modelés et des volumes.de l’artiste lors de sa formation au Beaux-Arts de Paris, jouxter de statuettes de la période hellénistique, gracieusement prêtées par le Musée du Louvre. Les marbres de l’Antiquité s’entrechoquent alors dans un formidable duo, au regard de ceux du sculpteur de Montauban.

L’exposition met aussi un point d’honneur à replacer cet artiste hors-pair, mais encore méconnu dans un contexte artistique intense, les avants-gardes, certaines de ses oeuvres se font alors échos à des artistes comme Modigliani, ou encore Cézanne, également exposés, pour ne citer que ses deux-là. Un véritable langage artistique se dessine durant nos allées et venues. Nous somme alors véritablement pris de frénésie, lors de la découverte de l’un de ses plus impressionnants chefs d’oeuvres, Héraclès Archer, final du deuxième acte.

Le final de l’exposition se révèle être beaucoup plus intimiste, tant au niveau des oeuvres sélectionnées, que des supports, le médium photographie apparaît, des oeuvres plus personnelles prenant le relais sur le travail titanesque et exceptionnel d’un artiste au sommet.

Un grand merci aux Commissaires de l’exposition :

Claire Barbillon, professeur – Université de Poitiers à École du Louvre, Jérôme Godeau du musée Bourdelle etAmélie Simier, conservateur général du patrimoine et directrice du musée Bourdelle.

Visites jusqu’au 4 Février 2018, tous les jours sauf le lundi et jours fériés, métro Montparnasse Bienvenue, sortie 2, place Bienvenue, Paris. Plein tarif : 8 €, tarif réduit : 6 € 

Site internet de l’exposition