DSC00369

L’architecture. C’est un très large ensemble. Elle désigne un grand univers de tout ce qui est construit et pensé autour de l’homme. Toutes ses facettes regorgent de richesses et il ne tient qu’à nous de les découvrir.
Voyager, observer, s’aventurer.

C’est pour ça que j’ai décidé de ne pas parler d’une œuvre d’un architecte illustre ou d’un édifice contemporain, mais bien d’un bâtiment abandonné. C’est pendant le Kolorz festival (Gesaffelstein on t’aime) à Carpentras (à côté d’Avignon) que nous avons décidé de visiter cet hôtel clodo.

DSC00358

Tous les édifices ont une vie. Ils ont une histoire à nous raconter, des péripéties, un vécu.
C’est une autre forme de vie qu’on rencontre et avec qui on échange. On en croise tous les jours sans écouter ce qu’elles ont à nous dire.

Son histoire commence par un chemin de terre perdu au milieu des routes du Vaucluse. Et déjà, à chaque pas, le mystère fait monter la curiosité. C’est alors qu’on le voit de loin. Un énorme édifice dans le silence et le calme, couvert de grafs et totalement dépecé de toute valeur.

DSC00386

Une atmosphère règne. Pesante, attirante et effrayante.
Comme si on pouvait sentir tout ce qu’il s’y était passé. La vie de l’hôtel et du squat se mêlant, donnant un paradoxe qu’on sent immédiatement sans pouvoir le définir. On est impressionné par la façade imposante, la multitude de détails, la piscine vide et la taille de la construction.

A l’intérieur, les pièces s’enchainent avec l’impression de déjà connaître le lieu. Mais malgré ça, on a envie de toutes les découvrir car elles ont toutes quelque chose de différent à dire. Et on rentre peu à peu dans son intimité.

DSC00400

C’est, face à une telle évolution, que l’on reste le plus étonné. Ce lieu regorge de pensées, d’états d’âme, et d’état d’ébriété des derniers occupants. Mais il continue de garder ce cadre d’hôtel propre pour toute famille de la classe moyenne, pendant les vacances d’été avec les enfants.
On devine facilement les usages des pièces et on imagine ce qu’il devait s’y passer. L’enthousiasme, la joie et l’intérêt que cet hôtel devait susciter chaque année avec l’arrivée des beaux jours. Et à côté de ça, des junkies partageant des restes.

DSC00404

Une nostalgie est installée dans ces murs mais sans le moindre regret. Une mélancolie voulue, une page volontairement tournée sur une vie.
C’est, après des années de bons et loyaux services, que cette âme a décidé de se barrer. De vivre une autre vie différemment, de se laisser porter et d’être elle même. Cet édifice nous a montré son vrai visage, au delà de l’ornementation et de la façade. Il ne reste que sa structure, son corps livré à l’expression libre.
Une forme de liberté architecturale.

DSC00425

Et un conseil : allez-y de nuit, ça rend l’expérience nettement plus excitante!

DSC00398

Voici l’adresse du chemin au bout duquel se trouve l’hotel :
78 Les Cayasses, 84740 Velleron, France, A 30 min d’Avignon

DSC00408