Croquis et dodo

# Architecture le Rolex Center
# Architecture le Rolex Center

Mon 5ème semestre a été, sans aucun doute, le plus riche depuis mon entrée en archi. Et il a d’abord commencé par 5 jours en Suisse, entre Bâle et Lausanne, avec mon studio. Donc après auberges de jeunesse, Herzog et Demeuron, alcool et bus, on arrive enfin dans le campus polytechnique de Lausanne où se trouve le Rolex Center de SANAA.

Et déjà, de l’extérieur, c’est impressionnant: on comprend immédiatement pourquoi c’est aussi célèbre.

Une ligne dans le paysage

On reconnaît souvent une belle architecture par son rapport complexité/simplicité. Et le Rolex Center illustre parfaitement cela : tout paraît simple. Aucune structure, des façades très minimalistes et un choix sensible des matériaux, béton blanc et verre (White Sanaa, réputation à tenir).

Et cette sobriété est belle !
Le tout forme, au dessus de nous, comme un fin drap blanc qui flotte au vent. A la recherche de l’entrée, on passe sous ce voile de béton immense (brut et légèrement vernis) qui produit de superbes effets, les patios se transformant alors en puits de lumière.

Sous le Rolex Center

On trouve enfin l’entrée, et là, c’est la claque architecturale. La médiathèque est bondée mais, une fois à l’intérieur, on sent une atmosphère sereine et calme.

Ça donne presque envie d’étudier en Suisse

Il est 10h, un dimanche matin, encore fatigués et en train de décuver de la veille, on fait un tour en tombant peu à peu dans la tranquillité générale. L’absence quasi totale de cloison séparant les espaces, les vues magnifiques, le silence, les pouf’ (absolument partout) et les courbes (quasi sensuelles) poussent à la quiétude.

Et là, une vue

L’agencement intérieur est une perle d’architecture. Ce sont les rampes et les patios qui séparent les différentes salles et leur donnent une réelle intimité. Et même dans un espace complètement ouvert, on trouve de nombreux petits espaces où s’isoler (comme les salles de travail entièrement vitrées).

Salles de travail vitées

Les pentes constituent non seulement la circulation mais offrent aussi des espaces de détente. Les gens s’y retrouvant pour lire, s’allonger, dormir et même s’embrasser.

Intérieur

L’ambiance nous entrainera dans un dodo collectif géant. Les profs mettront 1h pour tous nous retrouver. Tout ça nous fait oublier les problèmes de l’accessibilité handicapée et le travail d’acharnés des ingé’ pour tout faire tenir (« mais quand on aime on s’en fou » dixit les profs), qui font la complexité invisible de l’édifice.

C’est dans le détail que l’on identifie la richesse de l’architecture. White Sanaa ont fait la plus belle des médiathèques que j’ai visité (je parlerai dans un prochain post de celle de Ricciotti à Colomiers), tout en finesse, sobriété et sensibilité.

Une partie volante

 

Sanaa offrent de réelles sensations autour de leurs projets. Malheureusement, les Japonais partagent peu leur savoir faire. Le Louvre-Lens est leur seule œuvre en France. Et l’expérience a l’air tout aussi unique et intéressante que pour le Rolex Center.
Si vous y passez faites moi signe !

Croquis et dodo
Croquis et dodo

Photos: Maryline Tremblay et moi