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Pas besoin d’être un bon photographe pour prendre de très belles images quand l’architecture est belle, ça se fait tout seul.
On fait son petit tour, on trouve des points de vue sympas et avec un petit filtre insta dessus ça rend toujours parfait (même si on ne sait pas bien cadrer).

Mais, pour cette architecture, c’est différent. J’ai eu beau essayer (avec mon amateurisme), aucune des photos n’est réellement belle.

Et pourtant, Libeskind a réalisé ici son œuvre la plus connue de sa carrière. Mais pourquoi une façade affreuse (cela reste mes gouts) et des ouvertures genre meurtrière sont-elles devenues un des grands chefs d’œuvre de l’architecture contemporaine?
Libeskind n’est finalement pas allé chercher l’esthétique dans l’esthétisme. Cette œuvre est belle dans la symbolique, dans l’ambiance qu’elle recrée.

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Libeskind a travaillé cette œuvre comme une expérience dans laquelle on découvre l’histoire juive.

Les expositions à l’intérieur ne sont pas très riches, le musée reste assez petit et même si il y a beaucoup d’histoires et de choses à voir, on a beaucoup de mal à rentrer dedans. Mais, au final, l’architecture est tellement imposante qu’on se retrouve à ne regarder que ça.

 

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L’édifice forme un zig-zag dans le centre-ville de Berlin. Il est traversé par une ligne noire constituée de vides, symbolisant les trous dans l’histoire juive (qui sont, en fait, des sortes de patios intérieurs). Ces espaces sont très impressionnants (plus de 20m de hauteurs sous plafond) et presque oppressants. Cette atmosphère très lourde, seulement donnée par le béton et la lumière, rend les espaces très intimidants.

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La lecture de l’histoire juive se fait le long de la forme du bâtiment mais cette ligne traversante vient la bousculer en créant des évènements inattendus sous forme de petits espaces entièrement peint en noir. Les grands vides sont également visibles seulement depuis des petites ouvertures dans ces bouts de noirceur.

Et le plus impressionnant, le « voided void ». Un espace entre 4 murs formant un angle très dur et un toit très haut. On y trouve juste une ouverture longue et fine, située dans l’angle laissant filer la lumière sur les murs en béton. L’espace est froid et la lumière aveuglante. Je suis resté longtemps dans cette espace à la fois grand et petit.

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Je ne parlerai pas de la signification que j’ai donné à cet espace mais pas besoin d’expliquer que l’effet sur les gens est assez fort et puissant. Car au-delà de l’effet de cet espace sur soi-même, le voir sur les gens quand ils rentrent à leur tour est aussi intéressant.

Et, au fil de l’expo, l’intérêt de prendre des photos s’est peu à peu effacé. Cela m’est devenu presque désuet. Que les photos soient belles ou pas, cela n’avait plus réellement de sens. Comme si finalement cet édifice n’avait pas besoin de photos pour qu’on s’en souvienne car, comme toutes architectures, elles marques les esprits mais celle-ci d’une manière très différente.

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Le musée juif est une œuvre incontournable quand on est à Berlin. Libeskind a répondu de manière sobre et comme tout art, livré un témoignage, une histoire en créant des émotions chez les visiteurs.

Je n’ai passé qu’un WE dans cette ville mais j’ai été servi (j’ai fait un camp, la porte, le Mémorial de Eisenman et les bars). Même si l’ambiance a du coup été assez lourde, Berlin est une ville impressionnante, et particulièrement la nuit (je conseille le Sisyphos pour ce qui veulent voir des boites originales avec du son techno).

La petite cours de l'ancien musée
La petite cours de l’ancien musée