Croisée par hasard sur Instagram, je suis tombée sur ce premier cliché signé Anne Barlinckhoff. Un cul blanc comme neige, fermement soutenu par une main chocolat, et inversement. C’est presque culinaire, on dirait un dessert qu’on meurt d’envie de croquer.

En cliquant sur son compte (juste ici), impossible de décrocher. Anne est hollandaise mais a passé une partie de son enfance en Afrique. Elle en gardé un goût prononcé pour la nature et les cultures de ce continent. Aujourd’hui, elle circule entre l’Afrique et l’Europe, à la recherche de nouvelles histoires à raconter à travers l’objectif.

 

 

Se plonger dans l’univers de Barlinckhoff, c’est d’abord redécouvrir la sensualité. Tantôt montées, tantôt brutes, ces photographies représentent dans leur grande majorité des corps de femmes se mélangeant, dans une tendresse absolue. Les yeux passionnément clos, ces femmes dévoilent une partie de leur intimité, élégamment vêtues de simples fleurs et plumes dans leurs cheveux tressés, crépus, blonds, lisses… Des seins qui s’embrassent, des dos cambrés. Tout est courbure et chaleur, dans un cadre toujours sauvage. On ressent les premiers songes de l’été, en parcourant son œuvre : le sable glisser le long de notre dos, le jus d’une pêche croquée couler au bord des lèvres. Le fruit revient souvent, entre deux paires de lèvres, ou de fesses, et tonifie l’ensemble, comme une goutte de peinture. Elle redéfinit ici simplement la mixité, sans vouloir dénoncer, avec l’outil le plus vieux du monde : l’amour.

Hormis les photos à deux ou trois, qui m’ont particulièrement touchée, on retrouve des portraits, profonds, souvent érotiques, jamais vulgaires. Tout est suggéré, transmis au spectateur, pour lui laisser le soin de créer l’histoire qui enveloppe ces corps et visages adoucis par les rayons du soleil. On se plonge dans l’intimité que laissent entrevoir les modèles, sous ces mises en scène pourtant ordinaires.  L’artiste se révèle aussi efficace pour photographier la nudité que pour conter le quotidien de ses rencontres. Des gamins à l’école, des producteurs de cacao, des familles. Pour attendrir encore un peu mon cœur de biologiste, elle photographie très justement les plantes, dans leur milieu naturel, ou leur cage citadine.

Et comme si ça ne suffisait pas, elle filme aussi. Je vous laisse admirer le travail en 1min16 dans Look Into My Eyes (juste là), avec bien évidemment en fond sonore, une perle de… La Femme. Vous trouverez sur le même site ses différents projets, mais le compte Instagram est plus fourni. Kiffez !