Ce mois-ci je ne vais pas vous parler d’un film sorti en salle récemment, mais d’un film de 2013. Dans le cadre du cycle « jeune cinéma français » qui se déroule sur Arte jusqu’au 11novembre, plusieurs réalisations issues de la jeune création française sont diffusées sur la chaine et à revoir en replay sur le site.

J’ai choisi de vous parler de 2 automnes, 3 hivers de Sébastien Betbeder avec pour acteur principal, le chef de file de cette nouvelle génération d’acteurs, Vincent Macaigne. Ce dernier campe Arman. Trentenaire parisien dont la vie, plutôt fade jusque-là, va changer à la rencontre d’Amélie. C’est une histoire, me direz-vous, plutôt banale. On y parle d’amour, d’amitié, de Paris et de Bresson. Pourtant ce film est tout sauf banal.

2 automnes, 3 hivers

Sébastien Betbeder choisi de raconter son histoire avec une originalité rare dans le cinéma français actuel. D’abord, le film est découpé en petites parties qui forment des chapitres. Cette déclinaison permet d’acquérir un certain rythme mais aussi d’apporter, selon les situations, beaucoup d’humour. Les acteurs parlent, pour les trois quarts du temps, en s’adressant au spectateur. Cela apporte énormément de poésie, de charme et de charisme à la réalisation. La manière de filmer est, elle aussi, très intéressante. Nous y trouvons différents types d’images : plans fixes, caméscope…Tout ce travail de réalisation donne au film un style qui lui est propre. Il rentre dans la catégorie de ces longs métrages originaux, montés comme des films expérimentaux.

Mais la plus grande force de 2 automnes, 3 hivers reste Vincent Macaigne. Son ton est incroyablement drôle malgré la tristesse des situations. Son personnage en devient attachant. Le réalisateur filme la vraie vie. On se reconnaît dans certaines (beaucoup !) situations ce qui rend les choses d’autant plus fortes. Le fait de ne montrer que les automnes et les hivers, de même que le jeu des différents acteurs, amènent un certain spleen, une mélancolie pas si triste : reflet de notre génération.

Il s’agit d’un film qui ose. Qui ose parler de la vie telle qu’elle est. Qui ose sortir du cadre cinématographique conventionnel. Ce film fait parti des films rares.

Dépêchez-vous, il ne vous reste que quelques jours sur le replay d’Arte pour 2 automnes, 3 hivers !
A (re)voir dans le cadre du cycle « jeune cinéma français » : Wrong de Quentien Dupieux, La bataille de Solférino de Justine Triet…